Les think tanks, de nouveau à la mode ?

15 juin 2026

On pourrait le croire.
Ces derniers mois ont vu naître de nouvelles structures comme Noûs, à gauche, ou l'Institut de l'Espérance, à droite. Le phénomène n'est pas anodin : à l’heure où les partis politiques peinent à structurer le débat public et à produire une vision cohérente de l'avenir, les think tanks semblent retrouver une certaine attractivité.
Pour de vrai ?

Motif coin large

A un an d’une élection présidentielle décisive, disposer d’idées n’est pas inutile. Sait-on jamais, elles pourraient même servir.

Mais lorsque les partis ou les familles idéologiques créent leurs propres cercles de réflexion, à quelques semaines de l’échéance, une question se pose : celle de la sincérité de la démarche.

Le mot « think tank » est noble et sonne « intelligent ». Le filtre de respectabilité qu’offre une note ainsi estampillée transforme un argument éculé en proposition politique innovante et solide. Un emballage sémantique bien pratique qui permet à la famille qui le crée d’intervenir sur la scène politique avec un air frais, sérieux et désintéressé et ce, même si elle s’apprête à servir le même jeu.

On est loin de ce que doit être un « think tank ». Le monde des idées avance lentement. Il explore, teste, hésite, corrige.

Le monde politique, lui, est soumis à d’autres contraintes : l’urgence médiatique, la nécessité de convaincre en quelques secondes, la culture du slogan.

Faire dialoguer ces deux univers est indispensable – et difficile. Les confondre est beaucoup plus risqué. Il en va de la qualité des idées.

Pendant que l’attention des médias se concentre sur ces nouveaux venus, des cercles de réflexion indépendants poursuivent leur travail de fond. Souvent loin des projecteurs. Sans obligation de produire une proposition chaque semaine pour alimenter l’actualité.

Ces think tanks au long cours préservent des espaces où il demeure possible de penser sur le temps long. Des espaces où l’on peut encore confronter des idées contradictoires, produire des diagnostics rigoureux et chercher des solutions applicables (plutôt que des slogans).

Le nôtre en fait partie, aux côtés de nombreux autres : Fondapol, Fondation Jean Jaurès, Shift Project, la Fabrique écologique, la Fabrique de la cité, Terra Nova, L’Institut Montaigne, l’Institut de l’Entreprise, Rexecode, La Fabrique de l’Industrie, l’Institut Molinari etc.

Alors, bientôt l’heure des idées ?

Espérons-le.

Pour l’instant, cette pré-campagne ressemble davantage à une compétition de personnalités qu’à une confrontation de projets. Les petites phrases jaillissent. Les ambitions individuelles se heurtent.

Les programmes, eux, restent largement vaporeux, voire absents.

Pourtant, c’est précisément ce que les Français attendent.

Formons une hypothèse simple : les Français sont parfaitement capables d’entendre la vérité sur l’état du pays. Ils savent que les défis sont nombreux. Ils savent que certaines réformes seront difficiles. Ce qu’ils attendent en revanche, c’est qu’on leur explique pourquoi ces réformes sont nécessaires, ce qu’elles visent et dans quel projet collectif elles s’inscrivent.

Une réforme n’a de sens que si elle sert une vision. À défaut, elle n’est qu’une contrainte.

Le modèle social : la mère de toutes les réformes

Depuis bientôt dix ans, l’Institut pour l’Innovation Économique et Sociale (2IES) concentre ses travaux sur un sujet qui nous paraît central : la refondation du modèle social français.

Compétitivité économique, emploi, santé, retraites, finances publiques, démographie, cohésion sociale : toutes ces questions s’y rattachent directement ou indirectement.

Depuis quarante ans, le pays a choisi la voie des ajustements successifs. Une réforme paramétrique après l’autre. Un correctif après l’autre. Un rafistolage après l’autre. Le résultat est un système devenu difficilement lisible pour les citoyens, complexe à piloter pour les responsables publics et de plus en plus coûteux à financer. Les Français en perçoivent les contraintes. Beaucoup peinent désormais à en percevoir la cohérence.

Pourtant, la perspective d’une véritable refondation reste largement absente du débat public. Le sujet est jugé trop sensible. Trop risqué politiquement.

Nous pensons au contraire qu’il faut changer de méthode.

2IES a une proposition de refondation. Un véritable projet de société à la fois politique et technique. Pas un grand soir mais un projet équilibré, respectueux des principes démocratiques et républicains, cohérent avec l’histoire et la culture du pays.

Maîtriser le monstre des dépenses publiques

Dans les semaines qui viennent, nous irons à la rencontre des décideurs publics, des acteurs économiques et de tous les Français qui s’interrogent sur l’avenir de notre pays.

Nous leur présenterons notre vision, et nos solutions.

Les enjeux que nous abordons sont finalement simples à formuler : comment mieux protéger les Français ? Comment garantir leur sécurité économique ? Comment financer durablement la santé et les retraites ? Comment restaurer la confiance dans notre modèle social ? Comment expliquer ces enjeux aux Français ? Comment déployer ces réformes ?

Nous publierons dans les prochains jours une plateforme pédagogique, lisible, qui accepte les règles de l’attention contemporaine sans renoncer à la profondeur. Un format résolument sans IA, écrit par des vraies personnes qui travaillent leur sujet depuis bientôt 10 ans au sein de notre institut.

Nous avons hâte de vous la présenter, et d’en discuter.

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