Quel contrat social pour demain ?

Dire que le modèle social est en crise est devenu une antienne. Le constat des difficultés et insuffisances de l’Etat providence et de ses conséquences est très largement documenté.

Au débat qui oppose détracteurs et défenseurs du modèle, nous opposons une approche pragmatique consistant à observer, comprendre et tenter d’anticiper les transformations économiques et sociales pour imaginer et proposer les protections adaptées.

Motif coin large

Les nouveaux enjeux appellent un nouveau contrat

Aux facteurs de menaces déjà connus et qui ont tendance à s’accroître (on pense notamment à la question du financement), s’ajoutent des risques nouveaux, vertigineux et… imminents.

Nous changeons d’ère. Le numérique, et plus largement, la combinaison et l’accélération des technologies, modifient nos modes de vie et de pensée, nos aspirations et nos besoins. Ces évolutions nous ont déjà changés. Nous sommes mieux informés et davantage en mesure de prévenir, de participer, d’anticiper. Nous sommes plus exigeants, plus impatients, plus sensibles au risque. Nous sommes tout à la fois plus capables et plus vulnérables.

Réinventer notre modèle social ne peut se faire sans tenir compte de ces profonds bouleversements. Réciproquement, ces bouleversements nous commandent de réinterroger les fondements et expressions de notre contrat social.

Quelles protections pour les risques d’aujourd’hui…

Maladie, vieillesse, famille, indigence… Ces risques changent-ils de nature ? La question mérite d’être posée.

Grand âge, flux migratoires… Deux des enjeux majeurs qui, bien qu’identifiés, évalués, caractérisés, objectivés, chiffrés de longue date sont aujourd’hui sans solution – ou sans solution satisfaisante. La poussière sous le tapis !

… et les menaces de demain.

Le péril imminent est celui du décrochage d’une partie de la population qui, déjà fragilisée, pourrait rester sur le bord du chemin. La « fracture », dont personne ne nie l’existence, risque de s’élargir très largement, très rapidement et à très court terme. Dans le monde qui vient, les inégalités vont s’accroître de manière spectaculaire, portées notamment par les transformations du travail et les mutations des modèles économiques.

L’ambition de 2IES est de contribuer à imaginer des protections nous permettant d’affronter les chocs économiques, de soutenir et favoriser la croissance, la confiance, la cohésion sociale, l’augmentation du bien-être, la mobilité sociale…

Le sujet est immense et le défi colossal. Si tout le monde s’accorde pour dire qu’il faut raccrocher les protections à la personne (et non plus au statut) tout est à construire s’agissant des « protections » et des moyens de les lier à l’individu.

En ce sens, la notion de « protection sociale » doit être comprise au sens large, incluant jusqu’à l’éducation qui sera probablement la première des protections.

La démarche requiert pragmatisme et clairvoyance.

Pragmatisme.

Dans un domaine où les propositions sont souvent commandées par des théories et des positions, il devient essentiel de s’attacher à la réalité du terrain, d’observer les difficultés, les besoins mais aussi les réponses imaginées par les acteurs. Le numérique offre un terrain fertile de réinvention des protections, exploré avec enthousiasme par des jeunes entrepreneurs hors des cadres habituels. Dans quelle mesure font-ils et faut-il bouger les lignes ?

En outre, la question d’ensemble est tellement écrasante qu’elle gagne à être abordée par touches successives, sous différents angles, avec l’espoir, progressivement, de dégager les lignes d’un contrat renouvelé.

Clairvoyance.

Solidarité, liberté, égalité, fraternité, responsabilité sont autant de valeurs dont l’interprétation détermine les grilles de lecture des sujets. A notre sens, elles doivent aussi être interprétées, combinées, articulées à l’aune d’un principe de réalité.

 

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